samedi 22 septembre 2018

Fais de moi la colère - Vincent VILLEMINOT

Titre : Fais de moi la colère
Éditeur : Les Escales
ISBN : 9782365693400
Nombre de pages : 288
Parution : août 2018
Littérature générale...

Le mot de l'éditeur :

Sur les bords du lac Leman, la jeune Ismaëlle va se lancer dans une pêche extraordinaire. Quel est ce nouveau Léviathan qui hante les profondeurs du lac? Un récit puissant et halluciné sur le désir sous toutes ses formes. Le jour où son père, pêcheur de longue date, se noie, Ismaëlle se retrouve seule. Seule, vertigineusement, avec pour legs un métier d’homme et une chair de jeune fille. Mais très vite, sur le lac franco-suisse, d’autres corps se mettent à flotter. Des morts nus, anonymes, par dizaines, par centaines, venus d’on ne sait où - remontés des profondeurs de la fosse. C’est en ces circonstances qu’Ismaëlle croisera Ezéchiel, fils d’un «Ogre» africain, qui a traversé les guerres du continent noir et vient sur ces rives affronter une Bête mystérieuse. Fais de moi la colère est le récit halluciné, à deux voix, de leur rencontre, et de la partie de pêche qu’ils vont mener - échos lointains de Moby Dick. Une partie de pêche où le désir, la convoitise, le blanchiment, les génocides, sont autant de Léviathans. Mais où la joie, comme les larmes, pourra gonfler les ventres.

Mon avis :

Je suis complètement séduit par la plume de Vincent VILLEMINOT, la force qu'il met dans son écriture, la violence dans ses mots. Il nous propose ici un roman aussi noir que profond, mystique, philosophique et allégorique. Comme Mammon, il puise dans tout ce qu'il y a de mauvais en l'Homme et on peut dire qu'il ne manque pas de matière. Et en même temps, il y a Ismaëlle et Ézéchiel, deux orphelins, sur le même bateau. Un espoir de ne pas être dévoré par le Greed. Haw haw Haw!

Ézéchiel est en fait un chasseur, le bras armé d'une divinité, venu combattre La Bête. Mammon, monstre puissant des profondeurs, insatiable, redoutable... Il se tapit au plus profond du lac et de nos entrailles, attendant son heure... Greed! Fils de l'ogre, il vient réparer, se racheter en quelque sorte... Quand sa route croise celle d'Ismaëlle, ce sont un peu de ses certitudes qui s'envolent. A dix-neuf ans, il est si désabusé, il se sent si vieux... Ils sont si jeunes...

Et déjà tellement en colère! D'avoir perdu, tué, leur mère en couche. De ne plus avoir de père, de repère. Du regard des autres, de celui qu'ils posent sur les autres... La jeunesse de ses personnages donne plus de profondeur au récit, plus de réalisme. Colère, souffrance, désir, amour, tout semble plus fort... Tout juste rentrés dans l'âge adulte, dans la société, ils sont plus à même d'en voir les défauts devenus normes pour les plus vieux. C'est probablement là que le parcours de Vincent VILLEMINOT lui donne un avantage. Haw haw Haw!

Dix années d'écriture pour arriver à ce résultat... Chapeau bas Monsieur!!! De nombreuses parutions en parallèle et c'est marrant d'en retrouver des bouts éparpillés ça et là. Des évocations au gré des pages : "Les Pluies", "Instinct", "Le copain...", etc. Je crois qu'ils y sont tous, ou alors j'ai bien voulu les y trouver... Genèse ou apocalypse? Difficile de dire si "Fais de moi la colère" est un début ou une fin. Quoi qu'il en soit, maintenant, je crois qu'une page est tournée...

Votre avis m'intéresse...

mercredi 19 septembre 2018

Terre de Brume - Livre 1 - Cindy VAN WILDER

Titre : Terre de Brume : Le sanctuaire des dieux
Éditeur : Rageot
ISBN : 9782700259230
Nombre de pages : 288
Parution : septembre 2018
A partir de 13/14 ans

Le mot de l'éditeur :

Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d’une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire des Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d’un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s’allient afin d’empêcher leur monde de sombrer dans l’oubli.

Mon avis :

Comment te dire ma joie à réception de ce (très beau) premier tome? Vite lu... Dévoré en fait! 😍 C'était presque frustrant tant j'avais envie d'en découvrir plus tout de suite. Une fois de plus, Cindy VAN WILDER a réussi à me charmer avec ses mots, ses personnages et l'univers plein de mystères et de dangers dans lequel ils évoluent. Enfin elles, Héra et Intissar, respectivement apprentie guerrière de l'eau et Sœur de feu. Originaires de deux peuples qui se connaissent peu et se méprisent ouvertement. Leur relation va d'ailleurs en faire les frais au moins au début...

J'ai clairement eu une préférence pour Intissar, trouvant parfois Héra plus hautaine. Et pourtant j'ai l'impression que l'autrice nous réserve une surprise la concernant. Une évolution inattendue... On verra! 😉 Dans ce premier tome, j'ai aimé le rôle de la Sœur de feu plus difficile, plus méritant. Elle prend tous les risques par pur altruisme. La singularité de son don, celui de communier avec le monde des esprits lui donne encore un petit plus très appréciable. Héra se rattrape sur la fin et heureusement car j'avais beaucoup plus de mal avec elle malgré les malheurs qui l'accablent... C'est un duo qui fonctionne plutôt bien et qui peux nous réserver de belles surprises...

Il est clair que je vous conseille ce premier tome qui pose de très bonnes bases à la nouvelle série de l'incontournable Cindy VAN WILDER. Un univers magique original, avec ses codes, son organisation. Un monde dévasté dont l'histoire se révèle peu à peu à chaque début de chapitre. Et toujours cette plume agréable, celle qui m'a déjà transporté par le passé et que j'ai eu plaisir à retrouver... Hâte de lire la suite!!! 😊

Votre avis m'intéresse...

lundi 17 septembre 2018

🎤 Entretien estival avec Claire RENAUD 🎤

Photo Sarbacane

Bonjour Claire! 
Avant toutes choses, merci d'avoir accepté ce petit entretien. 😊

Pour commencer, je vous propose de nous présenter votre parcours littéraire en nous révélant vos auteurs, autrices et romans préférés, ce qui vous a amené à l'édition puis à l'écriture...
J’ai découvert la littérature grâce à mon professeur de français de quatrième, madame Leconte. Un autre monde s’est ouvert à moi. Où j’étais bien. Et où je pouvais aller facilement. Je me suis dit très vite que j’en ferai mon métier. J’ai acquis une culture littéraire très classique. D’ailleurs mes auteurs préférés sont des monuments : Proust, Céline, Flaubert, une trilogie peu originale et assez implacable. J’ai pourtant fini par faire des études de philosophie, parce qu’il y avait une dimension du sens et de la pensée que j’avais besoin de satisfaire. Et j’ai commencé à travailler dans l’édition. 
L’écriture a toujours été là, en parallèle, ou plutôt en premier lieu, comme une activité vitale et non-interrogée. Etre éditrice et auteur me permet de mieux comprendre les difficultés et les doutes de ceux que j’accompagne dans l’écriture. Et de ne pas les amener à écrire ce que moi je voudrais écrire, et non ce qu’ils désirent écrire, puisque mon désir d’écriture est satisfait par ailleurs.

Vous avez publié des romans pour la jeunesse et pour les adultes. Est-ce un travail d'écriture différent? Une organisation particulière?
Le travail d’écriture est absolument le même. Il s’agit avant tout de s’y « coller » tous les jours et de s’y tenir. Je m’impose un nombre de signes quotidiens, et flemme ou pas, inspiration ou pas, je m’y tiens (quitte à tout effacer le lendemain). La différence entre la littérature générale et la littérature jeunesse se situe plus pour moi dans les thèmes abordés. Quand je veux écrire sur le corps, la sensualité («Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères»), il est évident pour moi que je vais m’adresser à des adultes qui verront de quoi il est question, quand je veux parler de la place des filles dans la cour de récré («Où sont les filles?»), c’est un roman jeunesse.


"Les quatre gars", publié en janvier dernier chez Sarbacane, dans la collection Exprim', est entièrement responsable de cet entretien. Je suis complètement tombé sous le charme de la «famille Dégâts». 😍 Vous qui leur avez donné vie avec tendresse et humour, pouvez-vous en dresser un portrait rapide?
Il y a Pierre, le grand-père fantasque et sentimental, qui tient malhabilement cette famille dégâts debout. Son fils Jean, taiseux, saunier, fermé comme une huître suite au départ de sa femme. Un homme sui survit et s’interdit les sentiments. Yves est le premier petit fils, un peu crâneur, beaucoup ado, trop de muscles, et peu de sensibilité. Et Louis, le narrateur, 1à ans, qui essaie de survivre au milieu de tous ces hommes, avec sa bonne volonté, ses amis et un cœur à toute épreuve.

Un préféré? Cette famille est vraiment attachante mais j'admets avoir ma petite préférence pour Louis et son grand père... Les liens familiaux et notamment intergénérationnels, sont au cœur du récit. C'est un sujet qui vous tient à cœur?
Alors moi mon préféré, c’est le père, Jean. Ce bloc fermé qui fonctionne plutôt que de vivre, qui s’emmure vivant, et que son entourage va finalement lézarder à coups de sourires, de mini-guerres aussi, et de traquenards inventifs. Cet homme qui se fendille, voilà, c’est mon chouchou.

Sous votre plume, Noirmoutier est un havre de paix, bien loin de notre quotidien hyper-connecté, rapide, bruyant... Et vous, plutôt parisienne ou Noirmoutrine?
Plutôt Noirmoutrine, pour tout ce que vous évoquez. Parisienne par nécessité.

Des projets en cours dont vous pouvez déjà nous parler?
Deux autres romans chez Sarbacane, un Pépix et un Exprim’, pour 2019.
Et en littérature générale, cela avance bien, j’espère aussi une sortie pour 2019.

Je vous remercie à nouveau pour le temps que vous avez consacré à me répondre et vous souhaite une excellente continuation et de belles vacances d'été (à Noirmoutier peut-être)! 😉
Merci à vous pour l’intérêt que vous portez à mon travail. Et bonne rentrée!


Votre avis m'intéresse...

mercredi 12 septembre 2018

Kaplan - Sébastien GENDRON

Titre : Kaplan
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748524826
Nombre de pages : 251
Parution : septembre 2018
A partir de 14/15 ans

Le mot de l'éditeur :

Un jeu machiavélique grandeur nature, par Sébastien Gendron, l’auteur de Road tripes et de Révolution (Albin Michel).
Une dictature et une république asphyxiée. Un tueur professionnel envoyé en mission-suicide en terrain ennemi. Un ado de quinze ans insoupçonnable, enrôlé comme espion. Qui manipule qui?

📖 Lecture commune 📖

Nouvelle lecture commune avec l'ado accro aux livres que vous pouvez retrouver ici et ! 😉


J'ai vraiment adoré ce livre très complexe et passionnant. Les détails sont très abondants dès le début et on apprend beaucoup de choses sur le fonctionnement politique du Cushinberg et de Leeton. L'histoire se passe en 2049. La politique ainsi que la dictature sont les thèmes principaux dans le roman. La manipulation est aussi très présente tout au long du livre. J'ai parfois eu un peu de mal à me retrouver dans l'histoire surtout quand je n'étais pas assez concentré. Mais c'est le seul inconvénient du livre ! Le narrateur change au cours de l'histoire. Au départ, c'est Kaplan, un de nos deux personnages principaux. Ensuite cela devient Rimbolt, un adolescent de 15 ans, espion. Ce point de vue est très étrange car Rimbolt va décrire et nous dire tout ce que pense Kaplan en ajoutant son avis. Il a été formé pour ça quand il a été engagé comme espion. Nous avons donc pendant tout le roman un narrateur personnage même s'il change. Cela nous permet de nous adapter et de nous mettre à la place de la personne. L'écriture est très belle et très agréable à lire, même si certaines phrases sont un peu trop détaillées et longues. Je trouve la couverture vraiment sublime. C'est une de mes couvertures préférées de l'année et je trouve qu'elle représente parfaitement ce que contient le roman. En bref, c'est un très beau roman que je vous conseille si vous aimez bien la politique ! Et aussi, je vous conseille d'aller lire la magnifique interview de l'auteur sur le site des éditions Syros ! Bonne lecture 😉 !

Nombre de pages : 251
Mots clés : dictature, république, espion, meurtre, enquête, manipulation, enlèvement. 
En un mot : MANIPULATION
Lien de l'éditeur

Mon avis :

Kaplan, un tueur à gage particulièrement doué, le bras armé du pouvoir de l'Etat du Cushinberg, chef de la brigade de contre-insurrection. Une pointure dans son domaine. Et pourtant, il aura suffi d'une erreur pour qu'il se retrouve limogé, envoyé à la mort dans le cadre d'une mission suicide au cœur de Letton, l'ancienne capitale qui a fait sécession trente ans plus tôt et reste aujourd'hui, le ver dans la pomme, l'épine dans le pied du général Dramek...

Kaplan, c'est le vieux briscard et en face on a Rimbolt, encore quinze ans, bientôt seize. Ado-espion pour la république de Leeton. Sa dernière mission c'est justement Kaplan. Après il rempile, trop vieux pour garder ses illusions... Rimbolt, c'est aussi le narrateur, un regard jeune, critique et révolté sur ce qui l'entoure, sa place dans une république sans issue. Cette ultime mission pourrait bien lui donner un aperçu de son avenir... D'un avenir possible... Désiré?

L'homme de main du Cushinberg VS l'espion de Leeton : le choc des cultures, l'un comme l'autre nourris aux idéologies de leurs côtés respectifs du périph... L'ancien qui ressent pour la première fois la peur, le jeune pas encore assez vieux pour ne plus se sentir immortel. A chacun sa mission et au lecteur de deviner qui se joue de qui... Sébastien GENDRON nous a concocté un scénario aux petits oignons, j'attendais une fin explosive, j'ai été servi!

Votre avis m'intéresse...


Sébastien GENDRON

Sébastien Gendron est né en 1970 à Bordeaux. Après un certain nombre de jobs alimentaires et des études de cinéma, il devient assistant à la mise en scène puis réalisateur. Parallèlement, il écrit des nouvelles et des feuilletons qui sont diffusés sur internet. Son premier roman, La Jeune Fille & le Cachalot, est publié en 2003. Suivront sept autres titres, dont Road Tripes en 2013, aux éditions Albin Michel. L’Homme à la voiture bleue est son premier polar pour la jeunesse. (source Syros)


dimanche 9 septembre 2018

Le Renard et la Couronne - Yann FASTIER

Titre : Le Renard et la Couronne
Auteur : Yann FASTIER
Éditeur : Talents Hauts
ISBN : 9782362662386
Nombre de pages : 544
Parution : juin 2018
A partir de 15 ans

Le mot de l'éditeur :

Dalmatie, fin du XIXe siècle. Ana a dix ans lorsqu’elle est jetée sur la route suite à la mort de sa grand-mère, sa seule famille. Elle rejoint Spalato, la ville la plus proche, où elle intègre une bande d’enfants des rues menée par la fascinante et mystérieuse Dunja. Sans le sou et affamés, les enfants vont vivre le plus froid des hivers, mais Ana ne perdra rien de sa détermination à vivre. Des tensions et des rivalités au sein du groupe poussent Ana au départ et ses pas croisent alors ceux de M. Roland, un naturaliste français qui se prend d’affection pour elle. Ana accepte sans hésiter la proposition qu’il lui fait de venir vivre et étudier avec lui, en France. C’est dix ans plus tard, au cœur d’une paisible campagne, que Dunja retrouve Ana pour lui révéler un secret qui transformera sa vie en une aventure qu’elle n’aurait jamais soupçonnée.

Mon avis :

Yann FASTIER et les éditions Talents Hauts nous offrent un roman d'aventure exceptionnel!!! De ceux qu'on ne voit pas tous les ans. Pour vous donner une idée, à mes yeux, il s'est immédiatement hissé au niveau de "Vango" et "Sally Jones". 😍💖😍

Dès les premières pages, j'ai été happé par le récit, touché au cœur par cette gamine de dix ans orpheline, victime malheureuse de la Mort qui lui ravit sa grand-mère, et de voleurs impitoyables qui la contraignent à prendre la route seule et sans le sou. Très vite, malgré son jeune age, on ne peut qu'admirer son courage et son intelligence. Et en même temps, c'est une jeune fille, puis une jeune femme, qui a ses fragilités, un besoin de protection particulièrement touchant et tellement humain.

Enfant des rues, fille de bonne famille, prisonnière, criminelle en fuite... Ce sont plusieurs vies qui défilent pour Ana en un peu plus de 500 pages, de nombreuses aventures. Dans la misère et le froid, le calme et l'affection, les dangers mortels et les complots... Une chose est sure, tout est fait pour que l'ennui soit banni de la lecture. Suivez Ana dans une aventure hors norme, entourée d'amis aussi attachants que ses ennemis sont effrayants.  Je n'en dis pas plus, excellente lecture! 😉

Votre avis m'intéresse...

Yann Fastier

Yann Fastier est auteur mais aussi bibliothécaire, éditeur et blogueur. C’est après ses études à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Limoges qu’il rencontre la littérature jeunesse et décide d’écrire à son tour pour les jeunes. Depuis presque vingt ans, il a publié une cinquantaine de livres (albums jeunesse, essais...) parmi lesquels La volte (2014), son premier roman. Il vit à Limoges. (source Talents Hauts)


mercredi 5 septembre 2018

Cœur battant - Axl CENDRES

Titre : Cœur battant
Auteur : Axl CENDRES
Éditeur : Sarbacane
ISBN : 9782377311484
Nombre de pages : 192
Parution : septembre 2018
A partir de 14 ans

Le mot de l'éditeur :

Alex, 17 ans, est un « hors-la vie ». Après avoir essayé d’éteindre son coeur, il se retrouve dans une clinique pour y être «réhabilité à la vie». Il y rencontre Alice, aussi belle que cynique; Victor, aussi obèse que candide ; la vieille Colette, aussi espiègle qu’élégante ; et Jacopo, aussi riche que grincheux. À eux cinq, ils décident de s’évader de la clinique, direction le manoir de Jacopo. Le but du voyage? Se jeter d’une falaise, tous ensemble – ça leur fera un projet commun! Mais la route va leur réserver plusieurs surprises. Assez pour qu’Alex se demande si, finalement, la vie n’en vaut pas la douleur…

Mon avis :

Prenez donc un jeune homme qui préfère arrêter son cœur plutôt que de le voir battre pour quelqu'un, un autre qui soigne son handicap social en se goinfrant, un vieil emmerdeur constamment emmerdé, une grande dame désabusée qui a toujours le dernier mot et une jeune femme rendue cynique par une vie qui l'a déjà salement écorchée... Cinq dingos qui après un emploi du temps stricte (ou pas) en semaine décident de partir ensemble en week-end faire le grand saut... Le voyage promet d'être rythmé!

Deux mois, deux autrices que je n'avais pas encore le plaisir de connaître... Pourtant il paraît qu'on ne les présente plus... I'm afraid!!! Après la pétillante et so British Clémentine BEAUVAIS, je découvre... l'inimitable Axl CENDRES et son nouveau roman mettant en scène des suicidants... Hein??? Des gens qui ont tenté de se suicider! Ne pas confondre avec les suicidaires qui en ont l'intention ou les suicidés... Enfin bon vous avez compris! Forcément on retrouve tout ce petit monde dans un institut psychiatrique abritant aussi alcooliques, anorexiques, sexooliques et probablement d'autres -iques (à vos idées!)...

C'est un immense coup de cœur pour cette bande de fous, les tranches de vies et surtout pour les mots et les phrases absolument irrésistibles. Colette et Alice en pôle position!!! Du cynisme en barre pour tout un tas de métaphores et de situations qui vous marquent au fer rouge. La plume d'Axl CENDRES, c'est un peu un défibrillateur... Mon petit cœur a fait des bons face à ses belles phrases, à la fois coupantes et pleine de finesse. Faut quand même signaler que l'autrice m'a fait rire aux éclats alors même qu'elle traite de blessures terribles... Un roman qui fait du bien, une merveille!!!

Votre avis m'intéresse...


Axl CENDRES

On ne présente plus Axl Cendres, auteure au style percutant et reconnaissable entre mille. Depuis son premier roman, Aimez-moi maintenant, publié dans la collection EXPRIM’ en 2008, elle construit avec les éditions Sarbacane une œuvre à part, alternant, avec sa fameuse « griffe », comédies loufoques (Mes idées folles) et fables tendres (Échecs et but)… quand elle ne s’envole pas vers les terrains de l’aventure comme dans La drôle de vie de Bibow Bradley, son plus beau succès – lauréat de la prestigieuse Pépite du Roman Ado Européen du Salon du Livre de Montreuil 2012. (source Sarbacane)

dimanche 2 septembre 2018

🎁 Jeux-concours Instagram rentrée 2018 🎁


Pour ce premier concours sur Instagam, ma chère Mip ruberto sanquer , autrice de "L'aura Noire" aux éditions scrineo s'associe à moi pour vous offrir un exemplaire dédicacé de son dernier roman : "La Marque Rouge". Un livre particulier pour moi puisqu'il s'agit aussi de ma première expérience en tant que Bêta-lecteur ou plutôt «cœur de lecteur»... 😍

Pour participer, c'est très simple :
- être abonné à nos deux comptes Instagram : @rubertosanquer et @eternelado
- mettre cette photo en story pendant 24h00 en nous identifiant tous les deux (obligatoire pour comptabiliser les participations).
- Facultatif mais appréciable, nous laisser un petit commentaire sympa et inviter des amis à participer! 😉

🚨Attention, seuls les participants qui rempliront les deux premières conditions listées ci-dessus seront inscrits! 🚨

La personne tirée au sort recevra un exemplaire dédicacé de "La Marque Rouge"*.

Fin des participations le dimanche 09 septembre 2018 à 20h00!

🍀 Bonne chance! 🍀

*Pour des raisons budgétaires évidentes, le lot ne pourra être expédié qu'en France métropolitaine. Merci de votre compréhension. 

jeudi 30 août 2018

Signe particulier : Transparente - Nathalie STRAGIER

Titre : Signe particulier : Transparente
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748525762
Nombre de pages : 320
Parution : août 2018
A partir de 13/14 ans

Le mot de l'éditeur :

Être transparente au lycée, rarement invitée en soirée et ignorée dans sa propre famille, c’est une blessure, ça fait mal. Mais être invisible pour de vrai, se rendre en salle des profs incognito et disparaître dans les moments embarrassants… ça commence à devenir beaucoup plus intéressant! À quinze ans, Esther cesse d’être une fille ordinaire et voit un nouveau monde s’ouvrir à elle. Pour l’adolescente trop discrète, la vie devient soudain passionnante. Et de plus en plus dangereuse. Laissez-vous prendre par le frisson de la transparence.

Mon avis :

Un tatouage, un piercing ou une cicatrice, voilà des signes particuliers qui peuvent distinguer des ados de 15 ans, les faire sortir du lot. Esther n'a rien de tout ça et justement ça la rend très particulière. C'est une jeune fille très attachante, victime de son caractère modéré à l'extrême, elle peine à trouver sa place et est chaque jour plus... effacée! Jusqu'au moment où le mot prend tout son sens... propre, Esther découvre qu'elle peut devenir transparente aux yeux de tous... ☺

De l'effroi à l'acceptation de sa nouvelle condition, Esther va vivre pas mal d'émotions et prendre des décisions cohérentes. Profiter de son état pour se venger, espionner ou même voler. 😈 Elle teste les limites de son pouvoir et y prend de plus en plus un plaisir certain... Qui va lui jeter la pierre? On se surprend à imaginer ce que l'on ferait d'un tel pouvoir... Mais il y a un hic! Elle ne contrôle rien du tout et disparaît toujours plus longtemps. ⏳

Ce roman est beaucoup plus sombre que je ne l'imaginais, très différent des précédents... Si le côté fantastique apporte une touche de légèreté, on sent aussi que le sujet est traité avec gravité. De nombreux lecteurs se reconnaîtront sans doute ici. Moi-même, il m'est arrivé de me sentir transparent (n'attendez pas un serveur à une terrasse avec moi! 😜). Le plus grave étant sans doute le mal être qui en découle à l'adolescence...

Nathalie STRAGIER nous inspire de l'empathie pour cette jeune fille, ignorée dans sa propre famille. Il y a d'ailleurs une certaine mélancolie dans le récit, le choix du narrateur y est sans doute pour beaucoup... N'allez pas croire non plus qu'il vous faudra une boîte de mouchoirs à proximité! On retrouve aussi de l'humour avec des situations cocasses et surtout c'est un roman très positif, qui démontre si besoin est que chacun à sa place et son rôle à jouer dans le grand spectacle de la Vie. A lire et à faire lire! 😉


Votre avis m'intéresse...

lundi 27 août 2018

📓 Quand tu te fais piquer ta prochaine lecture... 📓


Arrivage Sarbacane : "Cœur battant" de Axl CENDRES (05 sept. 2018) 😎
J'allais dire «sitôt déballé, sitôt commencé»... Pas faux mais pas par moi! La faute à ce quatrième de couverture absolument irrésistible : 😍

«Alex, 17 ans, est un hors-la vie.
Après avoir essayé d'éteindre son cœur, il se retrouve dans une clinique pour "Suicidants". Il y rencontre Alice, aussi belle que cynique ; Victor, aussi obèse que candide ; la vieille Colette, aussi espiègle qu'élégante ; et Jacopo, aussi riche que grincheux.
A eux cinq, ils décident de s'évader de la clinique, direction le manoir de Jacopo. Le but du voyage? Se jeter d'une falaise, tous ensemble!
Mais la route va leur réserver plusieurs surprises. Assez pour qu'Alex se demande si finalement, la vie n'en vaut pas la douleur...»

Je retourne négocier une garde alternée... Souhaitez-moi bonne chance!!! 😂

dimanche 26 août 2018

Le goût amer de l'abîme - Neal SHUSTERMAN

Titre : Le goût amer de l'abîme
Auteur : Neal SHUSTERMAN
Éditeur : Nathan
ISBN : 9782092576755
Nombre de pages : 408
Parution : août 2018
A partir de 15 ans

Le mot de l'éditeur :

Un roman bouleversant qui nous plonge au cœur de la schizophrénie.
Caden est un adolescent de quinze ans ordinaire, qui s'intéresse à l'athlétisme et aux jeux vidéo. Pourtant, il adopte un comportement de plus en plus étrange aux yeux de ses parents : il marche seul et pieds nus dans les rues, craint que ses camarades de classe ne veuillent le tuer... Dans son esprit, Caden est devenu le passager d'un navire voguant sur des mers déchaînées. Lorsque cela devient trop difficile pour lui de garder le contact avec la réalité, ses parents doivent l'interner en asile psychiatrique. Commence pour le jeune homme un long voyage qui doit le mener au plus profond des abysses, au risque de s'y noyer…
Inspiré d'une histoire vraie, un roman d'une justesse incroyable sur les maladies mentales.

Mon avis :

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie d'analyser la couverture de ce roman. Elle ne nous montre pas un garçon qui tombe en chute libre à vitesse grand V. Ce que je vois, c'est une lente descente probablement due à la densité et à l'opacité de plus en plus forte de l'environnement qui l'entoure. On le croirait en suspension, comme en apesanteur... Et en même temps, il y a ce fil... Pour le retenir? Il n'a pas l'air tendu, pas de risque de rupture imminente... Pour le remonter? Peut-être doit-on en démêler l'extrémité avant de tenter un sauvetage... Ce fil, je le vois comme un espoir, un lien, ténu, vers le réel... Un peu confus n'est-ce pas? 😵


C'est un peu l'esprit de ce roman atypique. Neal SHUSTERMAN nous raconte l'évolution de la schizophrénie chez Caden. L'alternance de passages oniriques qu'il vit sur un bateau de pirates, entouré de personnages loufoques, et de la réalité où les peurs prennent peu à peu le dessus devant un entourage de plus en plus inquiet... L'auteur a fait le choix de laisser s'exprimer Caden. Il nous plonge ainsi encore plus profondément dans la maladie. Dans les méandres d'un esprit torturé qui paradoxalement, fait souvent preuve d'une acuité hors norme dans la perception du monde qui l'entoure. Cela donne quelques chapitres d'une lucidité juste incroyable et qui participe grandement au coup de cœur! 😍


J'écris rarement à chaud mais là, je viens tout juste de le terminer. Et j'ai déjà une certitude : ce roman ne conviendra pas à toutes et à tous et les avis seront plutôt tranchés. Pour moi c'est une pépite! Un roman juste exceptionnel par l'habileté à traiter d'un sujet aussi complexe que la schizophrénie. Neal SHUSTERMAN maîtrise à la perfection les deux récits et les nombreux liants entre eux. Cela peut paraître confus mais je trouve au contraire qu'il réussit à donner du sens à ce qui n'en a pas... La proximité de l'auteur avec la maladie laissait craindre un excès de pathos, ce n'est pas le cas! Juste une grande bienveillance que le lecteur ne peut que partager. C'est profond, brillant et magnifiquement écrit (et traduit). Lu et conseillé par l'éternel Ado! 😉


Votre avis m'intéresse...

Neal SHUSTERMAN

Né en 1962 à Brooklyn, New York, Neal Shusterman est l’auteur de nombreux romans pour Jeunes Adultes pour lesquels il a collectionné les prix et les distinctions. Il écrit également pour la télévision et le grand écran, et s’est même essayé aux pièces de théâtre et aux scénarios de jeux de rôle. Il habite aujourd’hui en Californie avec sa femme et ses quatre enfants, qui sont pour lui une source d’inspiration au quotidien. (source Lisez.com)


mercredi 22 août 2018

🔞 POV : Point of View - Patrick BARD 🔞

Titre : POV : Point of View
Auteur : Patrick BARD
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748525212
Nombre de pages : 235
Parution : août 2018
A partir de 13/14/15 ans et +

Le mot de l'éditeur :

La première fois qu’un lien vers une vidéo porno s’affiche sur son ordinateur, Lucas est en train de télécharger un film de super-héros en streaming. Cette scène, qu’il visionne sans l’avoir voulu, le sidère, puis lui procure une émotion totalement inédite. Pour retrouver ce frisson initial, il glisse en secret dans une sphère qui accapare ses pensées, ses nuits, et bientôt tout son temps libre. Vu de l’extérieur, on pourrait croire que Lucas est un simple geek. Il est en réalité victime d’une addiction dont il ne peut plus sortir seul. Pour revenir du côté de la vie, il lui faudra accepter la rencontre et l’échange avec d’autres, loin des écrans.

Mon avis :

Lucas, 15 ans, est un ado de la génération Z, entouré d'écrans et hyper connecté. Rien d'anormal donc pour ses parents, qu'il passe son temps enfermé dans sa chambre, entre son pc et son téléphone. 💻 C'est de son âge! Enfin en théorie... Ce que ne savent pas encore papa et maman, c'est que leur fils adoré passe ses nuits sur des sites porno, à la recherche du frisson originel, celui qu'il a ressenti en 5ème devant son écran. Il aura suffi d'une panne pour qu'ils découvrent le pot aux roses et que tout s'écroule... Ça ne peut plus continuer! Perversion! Interdictions! Confiscations! Lucas est confronté au phénomène de manque. Patrick BARD nous montre toute la violence du sevrage et comme "Le pire n'est jamais certain" je ne m'attendais pas à la chute en fin de première partie... 😨

C'est une nouvelle fois un roman qui fait réfléchir. Beaucoup! Il m'a doublement interpellé, m'a fait me positionner en tant que père d'ado (et pré-ado), mais aussi à la place d'adolescents qui vont lire ce livre, de celui que j'ai été. En fermant ce livre (lu d'une traite) mes différents moi (père/ado) étaient en ébullition, j'en ai parlé (j'en parle encore), beaucoup! Suis-je en accord avec la réaction des parents? A quel point sont-ils responsables de la situation? D'accord ou non, je crois que le but est justement de questionner. J'ai lu des articles qui n'ont fait que confirmer ce qui est en fait un véritable problème de société... ⚠️⚠️⚠️

Ce roman que je qualifierai positivement de docu-fiction littéraire tant il est brillamment documenté, pose plusieurs questions autour de l'addiction que porte son personnage principal. Il y a l'accès, d'une facilité déconcertante, à la pornographie et le fait que l'industrie du X soit la seule (ou presque) source d'éducation à la sexualité dans notre pays. Il fut un temps (🎵que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître🎵) où la pornographie était moins accessible. Je ne parle pas de l'âge (qui a sans doute peu évolué) mais de l'accessibilité elle même. Aujourd'hui, grâce à internet et aux nombreux supports n'importe qui peut regarder à toutes heures du jour et de la nuit du porno.

Le cas, peut-être extrême, d'addiction au cybersexe nous montre aussi que par manque d'éducation à la sexualité, les performances des hardeurs sont prises pour vraies, pour normales. Pour le jeune Lucas, le sexe c'est tout un tas d'actions et de positions dans un ordre bien défini, classé par catégories. Pour d'autres : "Avec la bouche, c'est pas du sexe!" 😱 Une fois de plus, Patrick BARD pose question, invite à la réflexion et à la prise de conscience sur un sujet complètement tabou. Là est probablement le problème... 🙈🙊🙊


Pour terminer, un petit mot sur la ligne "A partir de". C'est par nature un sujet tabou donc la question de l'âge minimum se pose forcément... Syros a fait le choix de noter 13, 14, 15 ans et + et je ne vois pas meilleure indication. Je crois que c'est juste complètement subjectif selon la maturité, la possibilité d'en discuter... (Rassurez-vous ce roman n'a rien de pornographique!!!) Si en tant que parents vous hésitez, je ne saurais que trop vous conseiller de le lire avant. Non seulement il vous donnera l'occasion de débattre mais ce roman a aussi toute sa place entre vos mains! 😉

Votre avis m'intéresse...