dimanche 19 mars 2017

Le garçon qui courait - François-Guillaume LORRAIN

Titre : Le garçon qui courait
Éditeur : Sarbacane
ISBN : 9782848659343
Parution : Janvier 2017
A partir de 13 ans

Le mot de l'éditeur :

Août 1936 : un jeune athlète vient de remporter le marathon aux J.O. de Berlin ; et pourtant, il semble bien triste sur le podium. Il cache son maillot japonais. Car Kiteï Son, alias Sohn Kee-Chung, vient de Corée, pays annexé par le Japon, et il a dû courir sous les couleurs de l’ennemi. D’où vient-il? Quelle a été son enfance, dans une petite ville près de la frontière chinoise? Comment est-il devenu le coureur le plus endurant du monde? Quelles épreuves a-t-il traversées – et quel sera son sort lorsqu’il devra rentrer dans une Corée sous le joug qui voudrait le fêter en libérateur?…
Voici le roman d’une obstination, d’un jeu constant avec le danger et l’effort suprême.

Mon avis :

1919, le Japon qui a annexé la Corée depuis quelques années entend conserver sa domination. Toutes révoltes sont sévèrement réprimées et la famille de Kee-Chung en fait les frais avec l'arrestation et l'envoi en camps du fils aîné, Hyo-dong, après qu'il se soit exprimé pour l'indépendance de son pays en public. Cet événement va tout changer pour Kee-Chung, lui qui n'a jamais été pressé, ni ne s'est jamais montré rapide se découvre une endurance à la course hors du commun. La volonté de libérer son frère, prisonnier à 50 km de chez eux, le pousse à s'entraîner à courir toujours plus loin, toujours plus longtemps. Un exploit au delà du marathon (un peu plus de 42 km), qui le motivera, pour des raisons patriotiques, à courir en tant qu'athlète pour remporter au nom de son peuple, l'épreuve du marathon des jeux olympiques de Berlin en 1936...

Un roman biographique absolument magnifique! L'histoire d'un enfant, d'un homme, d'un athlète, l'histoire d'un combat pour la vie, la liberté et l'honneur. Une belle leçon de vie et d'humanité que nous donne François-Guillaume LORRAIN. Il retrace le parcours de Kee-Chung depuis l'enfance et nous fait suivre ses performances et ses échecs, ses motivations et ses doutes, pour finir avec, au bout du chemin, une victoire pour toute une nation.

Encore un bijou chez Exprim' (j'en profite pour renouveler ma demande de carte de fidélité à l'éditeur!😜). C'est bien écrit, poétique et le personnage principal est admirablement bien construit. Sa force de caractère et son endurance le propulse parmi les plus grands et François-Guillaume LORRAIN lui rend aujourd’hui un très bel hommage. A lire!

samedi 18 mars 2017

François-Guillaume LORRAIN

Né en 1970 à Boulogne-Billancourt, lyonnais d’origine, François-Guillaume Lorrain a enseigné la littérature pendant deux ans à la Faculté de Dijon ainsi que le cinéma à Sup’Aero à Toulouse. Grand reporter au Point depuis 1999, il s’y est occupé quinze ans du cinéma, avant de prendre en charge l’histoire et la géopolitique. Il a également travaillé pour des journaux comme l’Équipe et Sport et Vie, où il couvrait l’histoire du sport. Il est auteur d’une dizaine de romans adultes et d’enquêtes chez Fayard, Grasset, Flammarion – deux étaient consacrés au football, l’Equipier (1997) et Prolongations (2002). Dernier ouvrage publié : Vends maison de famille (mars 2016, Flammarion). (source Sarbacane)

mercredi 15 mars 2017

A la dure - Rachel CORENBLIT

Titre : A la dure
Éditeur : Acte Sud Junior
ISBN : 9782330072858
Parution : février 2017
A partir de 14/15 ans

Le mot de l'éditeur :

Arthur est un bon élève, sérieux, appliqué, discret. Il rêve de devenir médecin. Ennuyeux à mourir dirait sa grande sœur, So. So, elle défie le monde, elle n'a peur de rien. Alors quand elle revient un beau jour, après des années sans nouvelles, et demande à Arthur de l'aider, il ne peut pas refuser. Ils vont profiter de l'absence de leurs parents pour que So fasse une désintox à la maison, "à la dure". Pas de clinique, pas d'aide extérieure. Juste Arthur et du courage. Six jours vont s'écouler, pendant lesquels ces frère et sœur vont s'épauler, souffrir, se haïr parfois. Mais surtout se retrouver, après de longues années loin l'un de l'autre.

Mon avis :

Arthur et So sont frère et sœur mais ils n'en sont pas moins très différents. Elle rebelle, lui sérieux, presque tout les oppose et pourtant quelques préparatifs plus tard, Arthur est prêt à recevoir So, l'aînée, à l'aider à se sortir de la galère même après une longue absence sans donner de nouvelles. Après ses erreurs qui ont fait souffrir sa famille, So a l'air sûre d'elle, motivée à se sevrer une bonne fois pour toutes. Arthur, animé par un amour indéfectible et beaucoup de courage, profite de l'absence de leurs parents pour une désintox à la maison, à la dure...

Un petit nouveau dans la collection "D'une seule voix". Encore un texte court, intense et percutant qui amène les lecteurs à réfléchir et/ou à échanger sur des thèmes très liés à la construction de soi. De la justesse et de la profondeur dans ces romans qui se lisent d'une seule traite et évoquent des sujets dures, souvent tabous et intériorisés, pour lesquels il faut donner ou redonner la parole.


Une collection, de grande qualité, qui fête ses 10 ans en 2017 et à qui je souhaite donc un Joyeux anniversaire et une longue vie!!!

Highline - Charlotte ERLIH

Titre : Highline
Auteur : Charlotte ERLIH
Éditeur : Acte Sud Junior
ISBN : 9782330038977
Parution : janvier 2015
A partir de 14/15 ans

Le mot de l'éditeur :

Ils ont tiré à pile ou face : ce sera lui. Une sangle tendue entre deux tours, en dessous le vide et l'horizon qui s'étend sous ses yeux au petit jour, infini, magnifique. A cette hauteur, la vie est étourdissante et légère. Pourquoi rester au sol? Flirter avec le vide, avec l'adrénaline, maîtriser la peur de la chute, c'est le défi qu'il s'est lancé. La traversée s'engage, les cinq minutes les plus longues et les plus folles de sa vie. Les pensées affluent, la vie défile et les souvenirs s'entrechoquent. Un texte funambule sur le goût du risque et le besoin indomptable de liberté.

Mon avis :

À la recherche de sensations fortes, un besoin de vivre et d'exister malgré (ou peut-être à cause de) ses bagages déjà bien trop lourds pour un adolescent de son âge, il se retrouve là, sur un filin tendu entre 2 tours à 100m du sol, sans harnais ni filet. 50m à franchir, quelques minutes durant lesquelles il va devoir faire preuve de maîtrise technique et psychique. "Si on doute de soi, on tombe, mais si on est trop sûr on tombe aussi.".

Une nouvelle d'une grande intensité, qui aborde habilement des sujets difficiles tels que l'abandon, la détresse d'un adolescent prêt à prendre des risques pour se sentir libre, vivant, oublier le temps d'un instant ses problèmes. Jusqu'au moment où tout bascule, un désir viscéral de survie prend le dessus, ne subsiste plus que l'envie de se relever, se reconstruire et prendre la vie avec tout ce qu'elle a à offrir de bons et de mauvais. Gare au vertige!

Rachel CORENBLIT

Passionnée de littérature mais aussi de théâtre, de cinéma et de musique, Rachel CORENBLIT est auteur depuis 2007. Elle a publié plus d’une quinzaine de romans depuis Shalom salam maintenant, coll. “doado” au Rouergue (dernier paru : Quarante tentatives pour trouver l’homme de sa vie, coll. “la brune”, éditions du Rouergue). Elle est également professeur de lettres dans la région toulousaine. Dans la collection “D’une seule voix”, elle a signé 146298 et A la dure. (Source Acte Sud Junior)

Charlotte ERLIH

Normalienne et agrégée de Lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les Arts du spectacle à l'Université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation. Chez Actes Sud Junior, elle est l'auteur de Bacha Posh (récompensé par de nombreux Prix dont, le Prix NRP et le Prix Sésame), 20 pieds sous terre et Highline. (source Acte Sud Junior)

mardi 14 mars 2017

Shikanoko - L'Enfant du Cerf - Lian HEARN

Titre : Shikanoko – L'Enfant du Cerf
Auteur : Lian HEARN
Éditeur : Gallimard Jeunesse
ISBN : 9782070588145
Parution : janvier 2017
A partir de 14/15 ans

Le mot de l'éditeur :

Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l'Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l'amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques...

Mon avis :

A la mort de son père, Kazumaru, est confié à son oncle jusqu'à ce qu'il puisse hériter du domaine. Le temps passe et son tuteur qui a pris goût au pouvoir tente de se débarrasser de lui en le laissant pour mort dans ce qu'il fait passer pour un accident de chasse. Soigné par un sorcier qui lui fait aussi don d'un masque magique, Kazumaru devient Shikanoko, l'Enfant du Cerf...

En parallèle, les choix politiques de leur père ont influencé le destin de deux jeunes frères, Masachika et Kiyoyori. A des fins stratégiques, ce dernier a été contraint de prendre pour femme l'épouse de son frère. Une rancœur terrible s'en est nourrie et le temps semble venu de solder les comptes. Sorciers, démons et artefacts se mêlent à cette lutte de pouvoir entre clans.

Un récit qui peut sembler compliqué si l'on s'attarde sur la grande liste de lieux et de personnages, aux noms un peu difficiles, en début de roman. Rassurez-vous, vous ne les rencontrerez pas tous dans ce premier tome et c'est déjà bien suffisant! J'avoue avoir eu un peu de mal au début mais on s'y fait et la plume de l'auteure l'emporte sur ces petits inconvénients et nous transporte sans mal dans ce japon médiéval. Et quelle plume! Alliant poésie, spiritualité et action dans un décor exceptionnel. 

Ce premier tome qui présente le cadre, démarre en douceur et monte progressivement en puissance pour finir par la frustration classique d'une série que l'on veut suivre. Je ne peux pas vous parler d'éventuelles références à la précédente série de Lian HEARN car je n'ai jamais pris le temps de lire "Le Clan des Otori" (sacrilège). Mais croyez moi, je me jetterais dessus dès que cette tétralogie sera terminée! La suite dès le mois prochain! ;)

Lian HEARN

Lian Hearn est le pseudonyme d'un auteur pour la jeunesse célèbre en Australie où elle vit avec son mari et leurs trois enfants. Elle est diplômée en littérature de l'université d'Oxford et a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'art à Londres, avant de s'installer en Australie. Son intérêt de toujours pour la civilisation et la poésie japonaises, pour le japonais qu'elle a appris, a trouvé son apogée dans l'écriture du Clan des Otori. Elle y dépeint un univers imaginaire nourri d'alliances secrètes, de guerres, de clans, d'honneur exacerbé, d'amour, de désir et de courage. Elle a choisi l'anonymat pour que le premier roman de sa saga, "Le Silence du Rossignol", soit jugé pour lui-même et non en fonction de ses précédentes œuvres pour la jeunesse dont le style était radicalement différent. Elle estime également que l'attention doit être portée sur le livre plutôt que sur l'auteur. La publicité l'a par ailleurs toujours mise mal à l'aise. En juin 2002, quelques temps après que les éditeurs de nombreux pays eurent accueilli à bras ouverts le livre et que les droits cinématographiques eurent été achetés, Gillian Rubinstein admit qu'elle en était l'auteur. Gillian Rubinstein a choisi son pseudonyme en combinant son surnom d'enfance (les dernières lettres de Gillian) et le nom de famille d'un auteur irlandais ayant vécu au Japon à la fin du XIXe siècle, Lafcadio Hearn. (source Gallimard Jeunesse)

jeudi 9 mars 2017

Stabat Murder - Sylvie ALLOUCHE

Titre : Stabat Murder
Auteur : Sylvie ALLOUCHE
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748523409
Parution : mars 2017
A partir de 13/14 ans

Le mot de l'éditeur :

Comment Mia, Matthis, Sacha et Valentin, quatre jeunes pianistes, étudiants au Conservatoire national de musique de Paris, ont-ils pu disparaître sans laisser de trace, à un mois d’un concours international? Ont-ils, sous la pression, décidé ensemble de tout plaquer? Impossible, d’après les familles interrogées sans relâche par Clara Di Lazio. S’agit-il d’un enlèvement? La commissaire, réputée coriace, a l’intuition terrible que dans cette enquête, chaque minute compte…

Mon avis :

Un mois, un coup de cœur, c'est le petit défi que j'ai lancé à Syros cette année 😊 Après "Power Club" en janvier et "La maison des reflets" en février, pari à nouveau réussi pour le mois de mars avec le petit dernier de Sylvie ALLOUCHE (double coup de cœur maintenant avec la couverture que je trouve très réussie 💖). "Stabat Murder" est un thriller captivant que vous ne lâcherez qu'une fois terminé! 

Mia, Sacha, Valentin et Matthis, quatre jeunes virtuoses du piano au Conservatoire de Paris, quatre amis mais aussi le temps d'un concours international, quatre concurrents. Le lauréat se verra ouvrir en grand, les portes d'une carrière prestigieuse. Un fabuleux tremplin mais qui ne semble pas ternir leur amitié, scellée par la musique. A un mois du grand jour, alors qu'ils ne vivent que pour la musique depuis toujours, aucun ne se présente en cours. Pour leurs proches, pas de doute, il s'agit d'un enlèvement!

Sylvie ALLOUCHE installe et nourrit une forte tension tout au long du récit en alternant les scènes qui nous permettent de suivre l'enquête de la commissaire Di Lazio et les scènes de captivité des adolescents dans le cube... Ce qui semble être une affaire banale d'ados ayant craqué sous la pression, va se transformer en course contre la montre. L'enquête pour retrouver ces jeunes prodiges amène les enquêteurs à fouiller du côté des familles aussi différentes les unes que les autres dans leur réactions face à ces disparitions inquiétantes. D'impasses en impasses, les courts passages dans l'obscurité complète du cube, au cœur de la terreur, font monter l'angoisse et nous tiennent en haleine jusqu'au bout...

Juste excellent!!! Bravo et merci à l'auteure pour ce moment intense de lecture! 

Sylvie ALLOUCHE

Sylvie Allouche a suivi des études de théâtre avant d'être comédienne pendant 10 ans. Après une petite année de journalisme et l'édition, elle écrit depuis plus de 15 ans des livres pour enfants. Elle a commencé par publier de la poésie, puis s'est spécialisée en histoire des civilisations et réalise des ouvrages documentaires. Enfin, depuis une dizaine d'années elle se consacre à la fiction. (Source Syros)

mercredi 8 mars 2017

Les Dolce - Frédéric PETITJEAN

           9782266267502           9782266267519           9782266267663

Titre : Les Dolce
Éditeur : Pocket Jeunesse
Parution : 2016
A partir de 13/14 ans

Le mot de l'éditeur :

Les Dolce sont la dernière famille de magiciens au monde. Pas besoin de machines incroyables, encore moins de baguettes magiques ou de balais volants. Les Dolce utilisent cent pour cent des capacités de leur cerveau. Et, surtout, ils sont les gardiens de l’eau pure, qui contient les cellules de toutes les espèces vivantes ou disparues, faune comme flore… Leur mission : sauver la planète d’une pollution irréversible, orchestrée par les sorciers de la Guilde noire…

Mon avis :

2011, une menace pèse sur l'humanité... La guilde noire, un groupe de sorciers, agit dans l'ombre avec les grandes puissances financières mondiales pour asservir les Hommes. Un vaste complot qui vise à contrôler par la sur-consommation, la peur des guerres et du terrorisme, les catastrophes écologiques... Le seul rempart contre ce projet est une famille de magiciens, la dernière, les Dolce. Melkaridion, le grand-père, la mémoire de la famille, Melidiane et Rodolpherus, les parents, et Léamédia et Antonius, les enfants. Cinq magiciens, les derniers d'une espèce persécutée par les sorciers. Pour leur échapper, ils vivent depuis des années dans le secret comme une famille normale. Jusqu'au jour des 11 ans de Léamédia, qui provoque la fuite précipitée de sa famille après avoir utilisé ses pouvoirs en public...

Une trilogie initialement éditée chez Don Quichotte (les deux premiers tomes) et pour laquelle il a fallu attendre une réédition en 2016 chez Pocket Jeunesse, pour voir la parution du troisième tome. Eh bien, ce fut long mais pour un résultat à la hauteur (voir au delà) de mes espérances!!!

Déjà en 2011, j'étais séduit par cette série très originale, autour de cette famille de magiciens quelque peu atypiques. Exit, les baguettes magiques, les Dolce agissent sur les matières naturelles et maîtrisent leurs capacités cérébrales à 100% (contre beaucoup moins chez le commun des mortels). Les possibilités sont alors presque infinies : longévité exceptionnelle, changer d'apparence, augmenter ses capacités physiques, une mémoire infinie, auto-guérison...

Tout au long des trois tomes, l'auteur nous dévoile ses personnages et leurs histoires sur plusieurs siècles. Que ce soit le maître de la guilde noire ou les Dolce et leurs alliés, tous sont travaillés et crédibles dans leurs rôles. Un gros coup de cœur pour la famille bien sûr mais on apprécie aussi la personnalité des autres protagonistes et notamment de leur pire ennemie, le maître des sorciers (un vrai méchant bien détestable). Ajoutez à ces atouts, des réflexions intéressantes et intelligentes sur notre société et sur l'environnement (sans aucune lourdeur) pour obtenir une trilogie à ne pas manquer!!!


Frédéric PETITJEAN, qui est aussi et surtout scénariste de films, nous offre ici une série que l'on verrait bien adaptée au cinéma. C'est rare que ce soit mon souhait (beaucoup de mauvaises adaptations...) mais j'ai vraiment été frappé par son écriture très immersive et je pense que sous le contrôle de l'auteur, le résultat pourrait être très sympa!


Première édition tome 1 et 2 aux éditions Don Quichotte 2011/2012 :


Frédéric PETITJEAN

Frédéric Petitjean a écrit ses premières pièces de théâtre à l’âge de vingt ans. Après avoir participé à plusieurs festivals d'Avignon, il part s’installer aux États-Unis, où, pendant dix ans, il écrit des longs métrages et des dessins animés au sein des grands studios du pays. De retour en France depuis 2006, il travaille désormais essentiellement pour le cinéma. (source Don Quichotte)

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jeudi 2 mars 2017

J'ai avalé un arc-en-ciel - Erwan JI


Titre : J'ai avalé un arc-en-ciel
Auteur : Erwan JI
Éditeur : Nathan
ISBN : 9782092566077
Parution : mars 2017
A partir de 14 ans

Le mot de l'éditeur :

Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique... Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité...c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.

Mon avis :

Capucine, Puce, pour les intimes, a vécu une séparation difficile et douloureuse avec Ben son premier amour... Pour s'en défaire, elle a trouvé l'écriture. C'est ainsi que naît le blog de Puce, franco-américaine en dernière année de lycée. Pour plus de confidentialité, elle choisit d'écrire dans la langue maternelle de son père, le français. Comme dans un journal intime, Puce s'exprime sans filtre, elle nous dit tout de son quotidien, ses amis, ses rencontres, ses déboires comme ses moments de joie. Tout y passe jusqu'à ses questionnement sur la construction de soi, de son identité et les doutes qui vont avec. Surtout depuis l'arrivée d'Aiden...

Puce s'adresse donc à nous, lecteurs français et nous plonge dans le quotidien des lycéens américains fréquentant des écoles privées huppées (elle n'y est pas pour la fortune de ses parents mais parce que sa mère y est prof). J'ai beaucoup aimé découvrir la culture lycéenne américaine, les "tag days", les uniformes, le jeu "Assassins" (juste énorme!), les nombreuses fêtes et toutes les autres traditions "so US" avec les catégories de jeunes des plus populaires aux plus ringards.

Ce roman ne se résume pas seulement à ce choc des cultures. Avec beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d'humour, Erwan JI, parle admirablement bien de l'adolescence! Grandir, se chercher, s'épanouir, douter, aimer, s'amuser, rencontrer, perdre... Quoi de mieux qu'un lycée pour voir tous les prismes de cette période aussi merveilleuse qu'effrayante tant elle est liée au Changement avec un grand C.

Notre jeune blogueuse est tellement vraie, drôle et spontanée qu'on ne peut que l'adorer! L'auteur a vraiment fait un excellent travail et fait preuve de beaucoup de justesse. "J'ai avalé un arc-en-ciel" fait partie de ces petites merveilles que l'on voudrait déguster pour qu'elle dure mais qu'on ne peut pas s'empêcher de dévorer. J'ai vraiment passé un excellent moment et je n'aurais rien contre une petite suite... A lire sans modération!

Erwan JI

Erwan Ji est né en 1986 à Quimper.
Il aime les feux de cheminée qui crépitent, l’odeur du blé noir, quand la tête d’un bébé kangourou sort de la poche de sa maman, et les descriptions de pique-nique dans Le Club des cinq. Il n’aime pas quand la mousse du bain s’est envolée, les gens qui chantent faux mais qui chantent quand même, ceux qui demandent « Ça va ? » sans écouter la réponse, et abandonner devant une pistache trop fermée. Lorsqu’il avait sept ans, il a mangé du sable en pensant pouvoir obtenir les pouvoirs de son idole, Superman.
J’ai avalé un arc-en-ciel est son premier roman. (source Nathan)



mercredi 8 février 2017

Des livres et moi - Matt7ieu RADENAC

Titre : Des livres et moi
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748521344
Parution : janvier 2017
A partir de 10 ans

Le mot de l'éditeur :

Dans l’esprit d’Alex, lire un roman est une vraie corvée. Heureusement, une super idée lui est venue pour impressionner sa prof de français : écrire directement au célèbre auteur Filippe Cavreini. Après cinq messages sans réponse, l’écrivain mord à l’hameçon. Qui est ce ou cette Alex qui lui écrit sans même avoir lu ses livres?

Mon avis :

J'ai découvert Matt7ieu RADENAC avec "La fille qui n'aimait pas les fins" où il était question d'une jeune lectrice passionnée. Ici, Alex, est aussi jeune mais n'aime pas du tout la lecture. Pire il (ou elle) n'y voit aucun intérêt... BLASPHÈME!!! Et pourtant c'est cette aversion pour la lecture qui va pousser Alex à entamer une correspondance avec l'auteur du livre qu'il doit lire pour son cours de français...

Un coup de cœur pour ce petit roman épistolaire! Les échanges entre ce (ou cette) jeune, allergique à la lecture et cet auteur, connu et reconnu, en panne d'inspiration, m'ont beaucoup plu. Le suspens autour du sexe d'Alex ajoute une touche d'humour et on se prend au jeu de trouver un indice dans les accords. La question de l'expression artistique est très présente, que ce soit à travers le Street-art ou la littérature. Difficile d'en dire plus (moins de 100 pages) donc je vous conseille juste de le lire!!!

Quatre de cœur - Yaël HASSAN & Matt7ieu RADENAC

Titre : Quatre de coeur
Éditeur : Syros
ISBN : 9782748521207
Parution : mai 2016
A partir de 10 ans

Le mot de l'éditeur :

Le carillon de La p’tite librairie retentit : comme chaque matin, le jeune Henry vient rendre visite à Madeleine. C’est elle qui lui a donné le goût des livres. Le carillon sonne une nouvelle fois, voilà Désiré, le facteur. Depuis quelque temps, Madeleine reçoit d’étranges cartes postales d’un admirateur secret, mais aussi des lettres d’avocat… Sa boutique risque la fermeture. Le carillon, encore. Madeleine, Désiré et Henry ne connaissent pas la fillette qui vient d’entrer. C'est pourtant ensemble qu'ils vont tout faire pour sauver La p’tite librairie!

Mon avis :

C'est mignon, agréable à lire et l'amour des livres et des mots est au cœur de ce nouveau roman de Yaël HASSAN et Matt7ieu RADENAC. Tour à tour, nous vivons les événements à travers les yeux de ces personnages attachants qui vont tout tenter pour sauver ce lieu de culture menacé de fermeture. Un objectif commun et une même passion qui vont créer et renforcer des liens entre Madeleine, la libraire, Désiré, le facteur, Henry, le jeune habitué, et Emy, la petite nouvelle du quartier. Un quatuor qui va se serrer les coudes pour faire face aux créanciers et entrepreneurs sans scrupule. 

Poussez la porte de La p'tite librairie, laissez sonner le carillon et entrez dans une très belle histoire d'amitié, saupoudrée de nombreuses citations sur cartes postales, envoyées à Madeleine par un admirateur secret...

dimanche 5 février 2017

L'attaque des Céfoles - Sophie SERONIE-VIVIEN

Titre : L'attaque des Céfoles
Éditeur : Alice éditions
ISBN : 9782874262685
Parution : septembre 2015
A partir de 9/10 ans et beaucoup plus!

Le mot de l'éditeur :

Fiona a 10 ans et sa maman a le cancer du sein. La jeune fille l’a deviné toute seule, car ses parents font comme si rien d’anormal ne se passait. Conseillée par sa grande cousine, elle décide d’envoyer un mail à une cancérologue, le docteur Margot, afin d’obtenir des réponses et se rassurer. La spécialiste va faire tout son possible pour répondre aux questions, souvent délicates, et de pas trahir la confiance, très fragile, de Fiona. Au fil de cette correspondance, une complicité entre le docteur et la jeune fille va naître, et Fiona, rassérénée, va prendre la décision de briser le silence dont s’entourent ses parents. Elle explique à son père qu’elle a compris ce qui se passait, qu’elle sait que sa maman a une maladie grave. Le papa refuse malheureusement catégoriquement toute discussion et s’emporte contre sa fille. Ce n’est que quand la maman commencera à aller mieux que les adultes réaliseront qu’ils ont cru protéger Fiona en ne lui disant rien, mais que ce n’était sans doute pas le bon choix.

Mon avis :

Le mot même de "Cancer" est à lui seul effrayant. Ajoutez y les symptômes bien visibles des traitements (perte de cheveux, extrême fatigue, nausée...) et imaginez la panique vécue par un enfant mis à l'écart... Fiona, 10 ans, est très inquiète pour sa maman, atteinte d'un cancer du sein. Les indices sont formels malgré le silence de ses parents. C'est pour en parler, et pour trouver des réponses que Fiona va entamer une correspondance avec une cancérologue.

Un livre qui évoque la communication avec des enfants autour du cancer. Difficulté de trouver les bons mots ou volonté de les préserver, nombreux sont ceux qui préfèrent carrément éviter d'en parler. Sophie SERONIE-VIVIEN dénonce avec beaucoup d'intelligence cette pratique qui consiste à les écarter de cette terrible vérité pour les protéger alors qu'elle peut faire encore plus de dégâts.

Cette correspondance à la fois tendre et amusante, va mettre en lumière la nécessité de discuter tout en trouvant le vocabulaire et les informations adaptés à la situation mais aussi à l'enfant. Les remises en question du Dr. Margot nous montre à quel point la tâche est ardue mais nécessaire, pour éviter des recherches non ciblées sur internet ou des interventions extérieures parfois malsaines...

L'éditeur annonce un livre à partir de 9 ans. Le sujet reste délicat et je pense qu'il doit être réservé aux lectures de groupe (école, bibliothèque...) ou encore avec un parent, et amener une discussion. J'ai noté "et beaucoup plus", car je pense que les adultes en ont encore plus besoin et que c'est un outil de réflexion et de prise de conscience remarquable!!! Bravo Sophie! :)

vendredi 3 février 2017

De feu et de neige - Anne-Marie POL

Titre : De feu et de neige. Journal d'une jeune Française en Russie
Auteur : Anne-Marie POL
Éditeur : Nathan
ISBN : 9782092566893
Parution : février 2017
A partir de 13 ans

Le mot de l'éditeur :

Prise dans l'invasion des armées napoléoniennes à Moscou, la jeune Félicité va devoir survivre dans le froid et l'adversité. 1812, Moscou. Félicité, jeune Française de 16 ans, vit avec sa mère sous la protection d'une riche famille russe. Malgré leur différence de classe, Félicité est passionnément amoureuse de Fédor, le fils de la comtesse. Mais la guerre éclate, Napoléon 1er a décidé d’envahir la Russie! Félicité et sa mère sont livrées à elles-mêmes dans la ville en guerre, alors que le Français est devenu l’ennemi du Russe. Félicité n'a d'autre choix que de fuir pour survivre, dans les flammes de l'incendie de Moscou, puis dans les steppes enneigées de la Russie…

Mon avis :

J'ai été séduit par les aspects historiques et artistiques du roman, transporté par la plume très agréable de Anne-Marie POL. Elle m'a fait vivre les aventures de Félicité comme si j'y étais, à une époque et pendant une guerre que je ne connaissais que très peu. Entre, le vocabulaire et les différents calendriers utilisés (Julien et Grégorien), les extraits du journal intime de l’héroïne qui ponctuent le récit et la présence du monde du théâtre avec des personnages hauts en couleur préparant une représentation de la pièce "Le jeu de l'amour et du hasard", tout est présent pour que l'immersion soit réussie.

Je n'ai malheureusement pas apprécié la jeune Félicité (et encore moins sa mère). Un peu trop "girouette" et superficielle à mon goût... J'aurais pu comprendre un sursaut patriotique en douceur mais qu'elle se sente russe et s'indigne du revirement de sa mère avant de crier haut et fort "Vive l'empereur!" quelques pages plus loin... bof! Malgré cette aversion, j'ai trouvé mon bonheur dans le récit des sept mois qui ont bouleversé sa vie. Déchirée entre sa patrie d'origine et celle du cœur, le choix pourrait lui être imposé par la guerre qui fait rage... 

Un avis plutôt positif au final pour le nouveau roman de Anne-Marie POL, que je conseille avant tout pour la portée historique très intéressante et les qualités incontestables de narratrice de l'auteure!
Un petit plus aussi pour la couverture que je trouve très réussie! :-)

Anne-Marie POL

Après une enfance mi-africaine mi-méridionale et une jeunesse en Espagne où elle a travaillé comme mannequin, Anne-Marie Pol fait des Études Théâtrales à Censier Paris III. À la même époque, elle se met à écrire. Son premier roman, publié en 1986, est suivi par beaucoup d’autres — dont les 40 volumes de la célèbre série «Danse!». Passionnée par l’Histoire, Anne-Marie Pol est également l’auteur de plusieurs romans historiques. C’est à la suite d’un voyage en Biélorussie qu’elle a imaginé le parcours aventureux de Félicité d’Autin. (source Nathan)


mercredi 1 février 2017

Entretien avec Camille BRISSOT





Mi-janvier, je publiais une chronique sur "La maison des reflets". 
Véritable coup de cœur, j'ai contacté l'auteure, Camille BRISSOT, pour lui proposer un entretien qu'elle a eu la gentillesse d'accepter : 






Bonjour Camille, vous avez 28 ans et dans quelques jours paraîtra votre huitième roman. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours littéraire?
Mon premier roman, "Les héritiers de Mantefaule", est sorti en 2005. J'avais 17 ans, j'étais lycéenne, lectrice assidue de science-fiction et de fantasy, et j'écrivais depuis toujours. Au cours des années qui ont suivi, j'ai publié d'autres romans jeunesse, à un rythme assez tranquille et dans des genres variés : un peu de fantasy, du roman contemporain, du policier fantastique... Je me suis aussi essayée à la réécriture de classique sur l'un de mes romans favoris, "Les hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë. En 2015, j'ai bifurqué vers la science-fiction avec "Dresseur de fantômes" et "Vagabonds des airs" chez l'Atalante.

                  
«La maison des reflets» est un roman sensible et original. Pouvez-vous nous raconter sa genèse?
Il y a des années de cela, j'avais envoyé un manuscrit à Denis Guiot, qui était alors directeur de la collection Autres Mondes. Le texte en question n'était pas assez abouti, mais les retours de Denis étaient vraiment encourageants, à la fois pointus, exigeants et super motivants, et nous avons ensuite essayé de travailler ensemble à plusieurs reprises.
Puis l'image de la Maison des reflets m'est venue - une maison dans laquelle on ramenait les morts sous forme de reflets virtuels parfaits, conçus pour permettre à leurs proches de gagner un peu de temps et d'adoucir leur deuil.
C'était encore très flou, mais j'avais une idée claire des thèmes qui m'intéressaient : le deuil, bien sûr, mais aussi la famille - celle dans laquelle on nait et celle que l'on se construit-, les illusions et les enthousiasmes de la jeunesse... Le tout dans un contexte de science-fiction léger, avec une société parfois si proche de nous que l'on pourrait penser qu'il s'agit de la nôtre.

J'ai eu beaucoup d'empathie pour Daniel que je trouve très attachant. Pouvez-vous nous parler de lui?
Daniel évolue dans un monde très différent de celui des autres jeunes de son âge. Ayant grandi au cœur d'une maison de départ, dont son père est directeur, il vit dans une bulle protectrice, complètement isolé de l'extérieur. Ses contacts avec le monde réel sont réduits au minimum : ses meilleurs amis sont des reflets, certains membres de sa famille aussi. Son père, lui, est tellement absorbé par son travail qu'il lui semble parfois plus virtuel encore qu'un reflet. Daniel est donc très seul – même s’il va mettre un peu de temps avant de s’en rendre compte. Il a aussi le sentiment d’être privilégié, de vivre dans un environnement extraordinaire et d’avoir tout ce qui lui est nécessaire. Jusqu’au jour où il se décide enfin à sortir et découvre que les frontières de son monde sont en fait plus étroites que ce qu’il imaginait…

Il y a l'avant et l'après excursion de Daniel. Si on ne devait utiliser que deux mots, je choisirais «illusions» et «désillusions». Et vous? Pourquoi?
Je suis d'accord avec ces deux mots; à mes yeux, c'est même l'une des idées qui structurent le roman.
Illusions car Daniel vit dans un monde où le concept même de réalité est remis en question. Y a-t-il une différence entre un reflet et une personne vivante ? Au fur et à mesure de son évolution, il va être amené à se poser sérieusement cette question - et donc par là, à réfléchir sur sa propre identité. Et puis, pour créer les doubles virtuels qui habitent la Maison Edelweiss, il a fallu s'appuyer sur les souvenirs et les opinions de leurs proches. Or, les souvenirs sont forcément subjectifs, ce qui pousse à s'interroger sur la réalité de ces reflets. 
Les deux principaux lieux du roman illustrent aussi l'idée de l'illusion. D'un côté, il y a donc la Maison Edelweiss. L'illusion y est dissimulée par nécessité : pour que les visiteurs aient vraiment l'impression de se retrouver en présence de leurs proches disparus, il faut que tout soit parfaitement crédible, que le reflet semble humain, vivant. De l'autre, il y a le Palais des Glaces, une attraction foraine tenue par les parents de Violette - ici, l'illusion est revendiquée, carrément exposée.

Désillusions car, pour continuer d'avancer, Daniel va être forcé de briser les belles images qu'il s'était fait de sa propre vie.

Pour finir, travaillez-vous sur d'autres projets?
Je viens de terminer un mini-Soon+ qui s'appelle "Dans la peau de Sam" (titre provisoire !) et qui raconte les mésaventures de deux collégiens échangeant par accident leurs deux corps.
En mars, il y aura la publication des deux premiers tomes d'une série fantastico-policière pour les plus jeunes : "le Club des métamorphes".
Et je me suis attelée à la rédaction d'un autre roman de SF ado, au thème bien différent cette fois puisqu'il sera question de zombies !

Je vous remercie pour toutes vos réponses et vous souhaite une bonne continuation dans vos projets que je vais certainement suivre de près! 😉


Envie d'en savoir plus??? Rendez-vous en librairie, à partir du 2 février, pour découvrir le nouveau roman de Camille BRISSOT : 
"La maison des reflets" (éditions Syros).